Le Camp Boiro :

Son sinistre geôle

 

En matière de répression pénitentiaire, la Guinée est connue pour le tristement célèbre camp Boiro. Mais autant la prison du camp Boiro aura marqué la Guinée indépendante, autant le pénitencier de FOTOBA et la prison CENTRALE de Conakry réveillent le souvenir de la répression coloniale.
Evoquer ces deux établissements a d’autant plus d’intérêt que la Guinée fut la seule des huit colonies de l'AOF à abriter un pénitencier

« indigène » de dimension régionale.
L'ambition répressive était grande, mais les moyens restèrent très limités, les autorités se contentant de locaux de fortune, simples prisons « morales » et d’un système centralisé à outrance ne tenant pas compte des besoins spécifiques de chaque région. Ce système pénitentiaire reposait sur les travaux forcés et l'emploi, sans distinction, de la main d'œuvre pénale.
Le système pénitentiaire, institution essentielle du régime colonial, est révélateur de la philosophie et des pratiques de la domination. L ‘ambition de ce livre n’est pas uniquement de restituer l'histoire de la répression pénitentiaire telle qu'elle avait été voulue et conçue par l'administration coloniale mais aussi de saisir sa réalité concrète, telle qu’elle apparaît dans les archives.

Sékou Touré y envoait tout opposant à sa politique, toute personne érigeant un avenir prometteur,nous verrons le as TELLI DIALLO ci-après.

 

A sa mort toute les cellules furent ouvertes…. Seuls les quelques survivants s’en sortirent.

Ouverture du camp boiro :

C’est le camp de Mamadou Boiro conçu par lui-même. Au moment de la libération . Un sous-officier dégaine son pistolet puis tire quelques coups et lance: “Vous êtes tous libres. Les cellules infestées se vident de leurs occupants, pour la plupart squelettiques, et dégageant des odeurs fauves. Leurs biens curieux colis aussi. Les malades et autres handicapés sont aussitôt conduits à l’hôpital proche pour des soins intensifs. Une brève visite de quelques cellules nous arrache plus d’horreur que de larmes, surtout à la lecture des phrases d’hommes désespérés, gravées sur les murs au moyen de matières fécales, de charbon ou de leur propre sang. Je revois encore le commandant Kabassan Kéita ancien chef d’Etat-major de la marine porté en triomphe par de jeunes soldats à la fois émus et reconnaissants, au point que certains n’ont pu retenir leurs larmes. Dans sa cellule exiguë N°29 nous découvrons la maquette d’une mosquée confectionnée en papier et en carton. Une mosquée de fortune, sans nul doute pour tuer le temps en attendant l’heure fatidique de la potence ou d’une libération hypothétique.

 

Le sévices appliqués au prisonniers relevaient de l’abomination , la torture la plus connue : La diète noire. Elle  consistait à être enfermé sans nourriture et sans eau jusqu'à ce que mort s’en suive ; tortures, bastonnades, sévices étaient au menu.

Certains rescapés témoignent de leur souffrances : « on nous faisait parler à la radio pour affirmer des choses contre notre gré, on s’accusait involontairement sous menace d’être fusillé ou électrocuté sur nos parties génitales, certains d’entre nous pleuraient en direct sur les ondes nationales, entendus de tous,  par leur famille, femmes, enfants, amis. Et on devait finir chacun de nos discours par : Longue Vie au Président Sékou Touré ! Vive la Guinée ! » ; «  On etait enfermé dans des cellules d’un mètre sur un, entassé sur nos excréments avec toute les conséquences que cela inclus et surtout en tant que musulman de bonne foi : être prostré sur de l’urine était la pire des humiliations que l’on puisse nous faire.

 

Jusqu'à aujourd’hui des centaines de familles ne savent pas où on été enterré leur maris, pères, frères et amis.

Récemment des dizaines de charniers on été découvert  contenant chacun environ 10 000 personnes, personnes non identifiables depuis le temps qui s’est écoulé…

 

 

 

 

« Voici une liste non exhaustive, jointe ci-après, des personnes arrêtées par Sékou Touré au tristement célèbre Camp Boiro. Certains détenus ont perdu la vie d'autres ont été libère et continuent a vivre. Je tiens a présenter mes excuses aux parents et proches de toutes ces personnes figurants sur la liste s'ils se sentent touchés par ce travail. Mon ambition n’est  pas de réveiller en eux les peines endurées ou leur rappeler des souvenirs enfouies dans la nuit des temps....Combien de nos rues, de nos établissements, des différentes promotions  portent leurs noms?  Peuple du 28 septembre, il est temps que tu honores tes enfants. Il faut souligner que  je n’ai pas fais ce travail pour raviver des haines ou pour inciter a la violence , mais plutôt pour rendre hommages a ces personnes disparues dans la longue marche de l'histoire de la Guinée. Je prie le bon Dieu que le pardon emporte sur la vengeance et que plus jamais, je dis plus jamais que cela ne se répète. Le peuple ne doit pas oublier ses enfants et doit ériger un monument pour ces illustres disparus. Peuple de Guinée, peuple de 2 octobre 1958 tu ne dois pas permettre que les mêmes erreurs se répètent  aussi bien dans la gestion des ressources  humaines que les ressources naturelles. Mais aujourd'hui la tendance de la gestion va vers la dilapidation. »